Résumé
L’érosion des langues autochtones au Canada constitue une menace pour la transmission de l’héritage culturel et la survie linguistique des premiers peuples. Jusqu’à 2019 les langues autochtones au Canada ne possédaient pas de protection légale ni de reconnaissance de leurs statuts. La rédaction de la Loi sur les Langues Autochtones de 2019 s’insère dans ce vide juridique et agit comme un cadre légal pour la protection et la revitalisation des langues autochtones. Pourtant, la loi reste un projet fondé dans des traditions canadiennes en matière de politiques linguistiques qui relègue les langues autochtones au profit des langues officielles. Cet essai cherche à analyser comment le contexte constitutionnel et la tradition étatique dans lequel s’insère la loi influencent les recommandations que celle-ci émet. L’étude des politiques linguistiques nous permet d’observer en quoi la promulgation de la loi tente de mettre à jour les enjeux de protection linguistiques des langues autochtones. Cet essai utilise un cadre d’analyse centré sur le Principe de la Territorialité Dynamique et les traditions étatiques canadiennes. Il vise à analyser comment les lacunes de la loi, telles que le fédéralisme canadien, la complexité des espaces et l’égalité assumée des statuts des langues, empiètent sur leur revitalisation. Malgré certaines insuffisances conceptuelles, la loi représente toutefois une avancée pour la protection des langues autochtones et créer une rupture contextuelle qui pourrait permettre de remettre à jour les traditions étatiques canadiennes en matière de politiques linguistiques.

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© Adria Diallo-Leconte 2026
